julia christ

Animal Attraction

Le «dressage» du corps provoque un besoin irrémédiable de liberté et de sauvagerie.
Après la résistance, au-delà des corps, ils préparent la révolte : la création d’un corps mutant, d’un corps mythologique, un corps sacré.

Le cirque charrie une humanité fragile.
Des hommes et des femmes, condamnés à la perfection, viennent au centre de la piste faire briller l’édifice de leur solitude.
Ils se sont réfugiés dans la solitude du travail, ont forgé, jours après jours, leur corps pour accomplir leur numéro. Ce numéro, ce trésor -réalisation centrale dans leur vie- lorsqu’ils nous le présentent durant quelques minutes dans le berceau commun, au centre de la piste, ils viennent finalement se libérer sous nos yeux du devoir de répétition pour jouir de l’ivresse de «l’extraordinaire accompli ».

Quand le lieu de la représentation ne leur est plus accessible, que le centre du cercle s’est dérobé.
Quand on ne peut plus montrer, dire, ou prouver dans la lumière.
Quand l’espace commun est devenu privé.
Quand le corps de l’artiste est usé.
Quand la perte est commune.
Comment faire vivre ce corps de cirque si longtemps contraint, presque métamorphosé en créature hybride par le travail ?
Sont-ils devenus des animaux dressés à l’épreuve du risque, des attractions de foire répondant aux stimuli de leurs tâches quotidiennes ?
Comment s’extraire du passé et faire de la perte un triomphe ?

Dans un espace en latence, un clown sauveur, un être hybride (une femme corbeau), une «tortilleuse» qui rêve d’être une équilibriste au corps d’or, un jongleur lanceur de couteau obsédé par la maîtrise de son lancer, tentent de cohabiter dans le tumulte d’un présent déformé.

Quatre personnages de cirque dressés à la tâche, érodés par le temps, privés d’exploit, questionnent la place de leur corps à présent en marge de la piste.

Une forêt de signes poétiques
Des gueules burinées, des traits épaissis, des visages comme sortis d’un brasier...
Ils sont échoués dans un royaume délabré à l’abri de la lumière.

Cette tribu n’est plus dans l’enceinte du chapiteau. Elle réside à présent à l’extérieur du cercle. Ils sont condamnés à vivre ensemble et c’est cette vie partagée qui devient le spectacle, non plus leurs solitudes, mais leur société mystérieuse.
S’engage alors une révolte poétique, un dialogue charnel : comment vivre ce qui n’est plus, comment jouir de l’abandon ? Quand leur exploit n’est plus l’échappée mais le temps accumulé. Ils mettent leur vie en examen pour en reprendre possession. Une sorte de tribu errante et sublime confrontée à son impuissance.
Je propose une esthétique de la décomposition du temps et de la performance. Pas de misérabilisme ; il ne s’agit pas de faire le spectacle du désarroi ou du sinistre exploit, mais d’offrir du temps à ces artistes, de montrer la poésie de leurs corps.

Je ne souhaite pas exhiber leurs ultimes prouesses ou exhumer les restes d’une gloire passée, mais porter un regard onirique sur leur vie. Cultiver le goût du secret, imaginer une forêt de signes poétiques évoquant la puissance du retrait.
Le retrait : un autre pas vers l’avant.

Equipe

  • Mise en scène / Gilles Baron
  • Scénographie / Denis Tisseraud / Gilles Baron
  • Clown / Phillipe Martz
  • Trapéziste / Zoé Maistre
  • Jongleur / Christian Laporte
  • Equilibriste / Julia Christ

Coproduction

  • La Verrerie d’Alès en Cévennes - Pôle National des arts du Cirque Languedoc-Roussillon / Le Carré Magique Scène conventionnée de Lannion - Trégor - Pôle régional des arts du cirque / Le Pôle Culturel du Marsan / L'Office Artistique de la Région Aquitaine.
  • Soutien : Conseil général des Landes pour l'aide à la résidence
  • Accueil en résidence : Théâtre Le Parnasse-Mimizan Remerciements : Le théâtre Firmin Gemier-La Piscine / Le CRABB

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